Simply Clever - Les trésors du garage : le Top 5 des ancêtres ŠKODA

Les trésors du garage : le Top 5 des ancêtres ŠKODA

11/01/2021

Une voiture héritée de votre grand-père peut se transformer en or, mais pas toujours.

Les ancêtres ŠKODA sont un très bon exemple. Lesquels valent un investissement et où les dénicher ?


Lorsque Jiří Tlustoš, propriétaire d’ancêtres, s’arrête quelque part avec sa « R coupé », c’est-à-dire sa ŠKODA 110 R coupé de 1977, il est habitué à voir des gens la regarder les yeux ébahis, certains proposant même sur place de lui acheter cette voiture. « Ma réponse est toujours la même : “Je ne la vendrai jamais.” Mais je ne suis pas surpris. Les coupés 110 R sont très à la mode pour l’instant. Avant, c’était la MB. Aujourd’hui, c’est la 110 R coupé. »


La demande d’ancêtres arborant le sigle ŠKODA est en plein essor. Et pas seulement en République tchèque. Dans le monde entier. Ainsi, une ŠKODA POPULAR d’avant-guerre, avec une élégante carrosserie de roadster et superbement restaurée, a récemment été estimée à 60 000 euros en Allemagne.

 

Naturellement, ce sont les anciennes LAURIN & KLEMENT avec jantes en bois qui sont les plus recherchées. Viennent ensuite les modèles légendaires de l’entre-deux-guerres comme le roadster POPULAR ou la luxueuse SUPERB. Mais l’intérêt est également très vif pour les FELICIA d’après-guerre ou la 110 R coupé, dont nous venons de parler.

Jiří Tlustoš le confirme. Il a acheté sa 110 R voici des années lors d’un rassemblement de voitures classiques, et il n’a pas hésité une seconde. « Aujourd’hui, le prix que j’ai payé à l’époque suffirait à peine pour quatre pneus. Sa valeur a explosé. Les gens croient que j’ai hérité d’une mine d’or dans le garage de mon père. » Les amateurs de voitures classiques sont de plus en plus intéressés par les modèles des années 1970 et 1980. Les prix flambent, ces modèles ayant souvent fait rêver dans leur enfance ou leur jeunesse ces propriétaires aujourd’hui dans la quarantaine ou la cinquantaine.

Découvrez le TOP 5 des investissements à réaliser pour un ancêtre ŠKODA selon Michal Velebný, le coordinateur de l’atelier de restauration du ŠKODA MUSEUM.

 

TREKKA (1966-1972)

« Reposant sur un châssis de ŠKODA OCTAVIA SUPER, le TREKKA néo-zélandais gagne de plus en plus en popularité auprès des collectionneurs tchèques et du monde entier. » - Michal Velebný

Le TREKKA est l’aïeul des populaires modèles de la catégorie SUV de ŠKODA. Ce véhicule très pratique, doté de composants mécaniques facilement disponibles, a été produit à un peu moins de 3 000 unités.

ŠKODA FELICIA/FELICIA Super (1959-1964)

« La FELICIA décapotable est très populaire dans les événements réservés aux voitures classiques. »

- Michal Velebný

Sur le long terme, les voitures décapotables conservent une valeur plus élevée que les variantes à carrosserie fermée. Sur la scène internationale, la FELICIA, et sa déclinaison plus puissante, la FELICIA Super, se vendent aux enchères au prix de 24 000 euros.

L&K/ŠKODA 110 (1925-1929)

« Un nombre relativement important de pièces détachées peuvent toujours être trouvées, et ce modèle est capable d’atteindre les 80 km/h. » - Michal Velebný

Parmi les automobiles produites à Mladá Boleslav à partir du premier quart du 20e siècle, la L&K/ŠKODA 110 est l’un des modèles les plus accessibles et aussi les plus pratiques. Elle devrait conserver sa valeur au fil des ans.

ŠKODA FELICIA FUN (1996-2000)

« Environ quatre mille exemplaires seulement ont été produits. Avec son style séduisant et sa benne, cette voiture de loisir est un youngtimer très attractif. » - Michal Velebný


La ŠKODA FELICIA FUN est incontournable. Il ne subsiste sur le marché qu’un faible nombre d’exemplaires bien entretenus. Et la demande dépasse l’offre. La disponibilité des pièces de rechange est l’un des avantages du modèle.

ŠKODA RAPID 135/136 (1987-1990)

« La ŠKODA RAPID est le genre d’investissement que font les personnes âgées aujourd’hui d’une quarantaine ou cinquantaine d’année qui concrétisent un rêve d’enfant. » - Michal Velebný

Ce séduisant coupé est l’un des modèles les plus recherchés du marché. Par rapport à la 110 R, la variante RAPID est plus adaptée à la conduite actuelle, mais elle a aussi été produite en cinq fois moins d’exemplaires.

Ces ancêtres rarissimes

La marque ŠKODA est l’un des plus anciens constructeurs automobiles au monde encore en activité. Au cours de ses 125 années d’existence, elle a produit une multitude de modèles différents et des millions de véhicules. Dès lors, les ancêtres disponibles sur le marché devraient être relativement nombreux. Le problème, c’est que le nombre d’unités produites a augmenté très lentement au cours du vingtième siècle. Ainsi, LAURIN & KLEMENT, qui était le plus grand constructeur automobile de l’Empire austro-hongrois, dont la population dépassait les 50 millions d’habitants, a construit seulement 453 voitures en 1914. Pas de quoi pavoiser évidemment. Et très peu de ces voitures ont survécu.

À la fin des années 1930, le leader du marché automobile tchécoslovaque, basé à Mladá Boleslav, a commercialisé 7 677 unités en un an. Aujourd’hui, l’entreprise assemble quasiment 115 fois plus de véhicules chaque année. Au cours de ses 96 premières années d’existence, avant son acquisition par le Groupe Volkswagen, la marque a produit quelque 5 millions de véhicules. 15 ans seulement lui ont ensuite suffi pour produire les 5 millions d’unités suivants. Et le rythme de la production ne cesse de croître.

Utilisées jusqu’à ce qu’elles tombent en pièces

Les statistiques peuvent être un sujet ennuyeux, mais elles nous apprennent quelque chose sur la disponibilité des modèles issus des différentes époques : la poignée de LAURIN & KLEMENT préservées n’apparaît que rarement dans les annonces ou les ventes aux enchères. Le nombre d’exemplaires de l’entre-deux-guerres est également très restreint, surtout si vous recherchez une voiture relativement originale et en état de marche. Seuls 5 % environ des ancêtres, toutes marques confondues, vendus sur les principaux marchés internationaux en 2018 étaient des modèles d’avant-guerre. Par ailleurs, il faut savoir que la grande majorité des voitures construites à cette époques étaient utilisées jusqu’à ce qu’elles tombent en pièces. Elles étaient ensuite fondues pour récupérer le métal ou, dans le meilleur des cas, transformées en petits tracteurs ou en d’autres engins par des amateurs.


En gros, un vingtième seulement des voitures produites avant 1945 ont survécu pour atteindre le 21e siècle. Ce taux de survie est plus élevé parmi les modèles d’exception, et plus particulièrement, parmi les voitures de luxe et les voitures de sport. C’est pourquoi un grand nombre de modèles ŠKODA du dernier demi-siècle sont disponibles sur le marché, et l’offre – importante – répond à la demande, qui l’est encore plus.
Petr Ort, spécialiste en évaluation, expert en économie auprès des tribunaux et lui-même collectionneur d’ancêtres depuis toujours, pose un constat :« Un phénomène intéressant, quelque peu illogique mais démontrable statistiquement parlant, est la chute des prix des voitures d’avant-guerre sur le marché international. Les prix élevés de la restauration ne correspondent pas au prix du marché, plus aucune pièce de rechange d’origine n’existant et certains composants étant quasiment impossibles à reproduire (comme les vilebrequins). De plus, ces voitures ne sont pas adaptées à un usage normal aujourd’hui, avec leurs freins ou phares de piètre qualité, une vitesse peu élevée, et ne parlons même pas des équipements de sécurité passive. L’économie comportementale nous apprend qu’une proportion importante de collectionneurs recherche souvent soit la voiture de leur père ou un modèle qu’ils désiraient posséder, mais ne pouvaient pas s’offrir. »


Jiří Tlustoš confirme : si son père ne possédait pas une 110 R coupé, en acheter une était son rêve d’enfant. Ainsi, lorsqu’il a découvert un séduisant exemplaire de 1977, de couleur rouge, lors d’un rassemblement de voitures classiques, il n’a pas hésité pas un instant : « Elle était irrésistible. J’ai tout de suite décidé de l’acheter. En plus, son précédent propriétaire lui avait offert une nouvelle peinture. Elle était en bon état. Et même aujourd’hui, je peux monter à 140 km/h et partir à son volant en Italie. Je n’ai donc pas eu de frais supplémentaires pour des réparations immédiates. »

L’avantage d’une marque toujours vivante

Si vous avez envie d’investir en achetant un ancêtre, gardez à l’esprit quelques règles de base. « Avec les voitures modernes, c’est durant les cinq premières années que la perte de valeur est la plus importante. Puis, cette baisse ralentit jusqu’à la 10e année, après quoi la valeur continue à décroître progressivement jusqu’aux 25 ans du véhicule. L’évolution des prix peut faire l’objet de prévisions fiables grâce aux courbes de dépréciation. Après un quart de siècle, il subsiste environ 3 % des voitures produites à l’origine, et elles atteignent alors leur prix le plus bas. D’un point de vue économique, elles cessent alors d’être des véhicules et elles deviennent des objets de collection », ajoute Petr Ort.


Les marques « vivantes », c’est-à-dire celles qui sont toujours actives, comme ŠKODA, ont un avantage. En général, leurs modèles sont davantage recherchés et possèdent une valeur supérieure par rapport à des voitures d’un prix comparable produites par des constructeurs désormais disparus.


Les marques sont aussi plus populaires sur leurs marchés domestiques, le patriotisme jouant un rôle majeur lorsque les acheteurs se portent acquéreurs d’un ancêtre. Vous trouverez ainsi la majorité des ancêtres ŠKODA en état de marche dans des garages et des granges tchèques. Mais il serait faux de penser que les ancêtres ŠKODA sont rares dans les ventes aux enchères en Europe ou à l’international. Vous pouvez souvent trouver des modèles destinés à l’exportation. Cela ne s’applique cependant pas aux belles sportives comme l’OCTAVIA TOURING SPORT, la FELICIA cabriolet ou la ŠKODA 110 R coupé. La majorité des berlines ŠKODA 1000 MB, de plus en plus recherchées, ont été produites pour l’exportation. En 1965, cela correspondait à 70 % de la production.

Comme pour la 110 R (1970-1980), seules 25 846 des 57 085 unités produites sont restées en Tchécoslovaquie. La Grande-Bretagne a importé 10 412 ŠKODA 110 RS, la Yougoslavie 7 584 exemplaires et l’Allemagne de l’Ouest 2 617. 288 ŠKODA 110 RS seulement ont été exportées en Allemagne de l’Est. Et donc, si c’est ce modèle sportif que vous recherchez, les ventes aux enchères britanniques sont le meilleur endroit pour commencer.


Jiří Tlustoš, qui assure également la réparation d’ancêtres, ajoute qu’il est essentiel de réfléchir à la disponibilité des pièces détachées : « Je suis en train de rénover ma ŠKODA MB de 1966 et j’ai arrêté de compter combien ça me coûtait. Nous réparons aussi des ancêtres britanniques. Aujourd’hui, il n’y a quasiment pas de différences entre la rénovation d’une tchèque ou d’une anglaise. Les prix sont plus ou moins les mêmes. Il est plus facile de trouver des pièces pour les voitures anglaises. Il suffit de les commander. Par contre, pour les modèles tchèques, cela dépend de ce que vous pouvez trouver dans les garages. Les Slovaques produisent des répliques des pneus, mais les pièces de rechange sont difficiles à dénicher. Il faut souvent un peu de chance. Et tout cela fait naturellement monter le coût de la restauration. »

Le choix est-il vaste ? Quels modèles peut-on trouver sur le marché ? Et en quelles quantités ?

 

LAURIN & KLEMENT VOITURETTE A

1905-1907, jusqu’à 10 exemplaires rescapés

Les chaînes de l’usine de Mladá Boleslav assemblent des voitures depuis 114 ans maintenant. Au cours de la période 1905-1925, ces voitures étaient construites sous le nom de LAURIN & KLEMENT.

Quelques unités seulement du premier modèle, la VOITURETTE A, ont survécu. Et la plupart d’entre elles sont dans des musées. Par ailleurs, seulement deux mille exemplaires ont été produits de la plus répandue L & K modèle S entre 1911 et 1924, avec d’innombrables versions différentes. Il semble bien que les sources jadis prometteuses, comme la Hongrie, ancien territoire du marché domestique austro-hongrois, se sont épuisées.

LAURIN & KLEMENT/ŠKODA 110

1925-1929, des dizaines d’exemplaires rescapés

Pour ceux qui recherchent un modèle relativement accessible, la LAURIN & KLEMENT/ŠKODA 110 pourrait être un bon tuyau.

Trois mille exemplaires ont été produits au cours de la seconde moitié des années 1920. Et des pièces se retrouvent sur différents marchés. Les collectionneurs peuvent donc assembler la voiture de leurs rêves comme un puzzle. Avec son moteur 1.8 ou 2.0 relativement puissant, la 110 peut atteindre 80 km/h sur les longues lignes droites et n’entrave donc pas la circulation des voitures modernes.

ŠKODA 1000 MB/1100 MB

1964-1969, des milliers d’exemplaires rescapés

L’inauguration de la ligne de production en 1929 a permis au constructeur d’aborder un vrai tournant concernant les quantités.

Ainsi, la production de ŠKODA a plus que doublé en dix ans malgré la crise économique (1928 : 3 579 unités ; 1938 : 7 677 unités). Le volume a même quadruplé avec l’ouverture d’une nouvelle section de l’usine pour la gamme MB à moteur arrière (1963 : 42 550 unités ; 1973 : 162 208 unités). Ce chiffre est demeuré quasiment identique tout au long du reste des années 1970 et 1980.

Les coûts de transport peuvent être élevés

Comme le confirme Michal Velebný, le responsable de l’atelier de restauration du ŠKODA MUSEUM, les collectionneurs dénichent souvent des voitures en Serbie ou en France. Mais ces voitures sont généralement dans un état nécessitant d’importantes réparations. Il faut souvent remplacer des composants essentiels, ce qui représente un investissement considérable. De plus, les voitures sont souvent incomplètes et pas dans leur état d’origine.


Avec les coûts de transport, qui incluent les frais douaniers et la TVA, l’achat de voitures dans des pays lointains constitue surtout un bon choix pour des versions rares, des voitures maintenues dans un état exceptionnel ou des exemplaires possédant un historique intéressant.


Le TREKKA, l’ancêtre des SUV modernes, un modèle produit en Nouvelle-Zélande et reposant sur la base technique d’une ŠKODA OCTAVIA SUPER, n’était pas exporté en Europe. Mais en raison de son caractère exclusif et de ses racines tchèques, le TREKKA a enrichi au moins sept collections en République tchèque au cours des trois dernières années, dont celle du ŠKODA MUSEUM.

La demande évolue comme des montagnes russes

Vous vous voyez déjà lustrer quelques magnifiques spécimens historiques dans votre garage ? Revenez sur terre. Une restauration complète et professionnelle d’un ancêtre représente un investissement de plusieurs milliers d’euros. Si nous ajoutons le prix d’achat du véhicule avant restauration, le coût final dépasse la valeur réaliste de la voiture sur le marché.


La conservation et l’entreposage du véhicule ne doivent pas non plus être pris à la légère. Idéalement, un ancêtre doit être conservé dans un espace climatisé avec un taux d’humidité constant et un niveau de sécurité adéquat. Sans oublier évidemment l’assurance contre le vol.

Comme le fait remarquer Michal Velebný, sur le marché, les prix des ancêtres récents comme les ŠKODA FAVORIT d’une trentaine d’années fluctuent énormément. « Il suffit qu’un modèle particulier célèbre un anniversaire à chiffre rond ou que les médias parlent d’une voiture spécifique proposée à un prix jamais vu pour que la demande explose soudain. Et parmi les acheteurs, la demande peut s’effondrer tout aussi soudainement ». Au cours de ces trois dernières années, la courbe des prix des RAPID ou des FAVORIT ressemblait à des montagnes russes.

Petr Ort résume le potentiel d’investissement des ancêtres : « Il existe une attente objective de prise de valeur constante à moyen et long termes, qui sera à coup sûr plus importante qu’avec des actions ou des obligations. Par ailleurs, avec des titres, tout ce que vous avez à montrer, ce sont des chiffres sur un compte bancaire électronique. Mais une voiture historique, c’est également une source de plaisir, et pas seulement quand vous l’emmenez en balade sur les routes de campagne. »

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